Texte Libre

Ce site a été mis en place pour diffuser des travaux sur les nombreuses facettes de l'Europe électorale. Alimenté par un auteur français, il est mieux fourni en travaux portant sur son pays d'origine. Toutes les suggestions pour le compléter et l'ouvrir plus encore sur tous les pays de l'Union européenne et au delà, sont les bienvenues. En attendant, bonne découverte !

Battleground comporte une catégorie par région française, et une pour chaque pays européen sur lequel j'ai travaillé. Il donne des données recadrant schématiquement le contexte politique de ces ensembles territoriaux, et appelle éventuellement à des développements par des études plus poussées.

Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 00:29

Les länder sont gouvernés par les partis dont les symboles sont reproduits. Le ministre-président appartient au parti dont le logo vient en premier, et son nom est indiqué après les logos. Dans une Allemagne où les configurations politiques se multiplient, le jeu est désormais ouvert avec 5 partis représentés dans la plupart des assemblées régionales. 

 

Moins de deux ans après la réélection d'Angela Merkel à la tête d'une coalition associant désormais la CDU aux libéraux du FDP, le système électoral allemand semble avoir cessé de pénaliser la gauche lors des élections régionales. La Rhénanie-du-nord-Westphalie, la première région d'Europe, a ramené la gauche au pouvoir, suivie de Hambourg qui a offert une majorité absolue au SPD. Fin mars 2011, le basculement du Bade-Wurtemberg, dominé par la CDU depuis la seconde guerre mondiale, est un événement historique et inédit, car pour la première fois les Verts deviennent le parti majoritaire au sein d'une coalition gouvernementale. Quelques mois plus tard, le parti écologiste dépasse les 30% d'intentions de vote dans les sondages, continuant sa progression. C'est une nouveauté dont il faudra tenir compte. En effet, attribuer ce sucès à un effet "Fukushima" ne tient pas debout. Les Verts étaient depuis des mois en tête de la gauche dans les sondages. En mai 2011, le résultat de l'élection du Parlement de la ville-Etat de Brême confirme la tendance : le SPD se maintient à la tête du gouvernement en améliorant légèrement son résultat, et surtout, les Verts, déjà partenaire du ministre-président sortant, sont au dessus de 20% et dépassent pour la première fois la CDU lors d'une élection régionale.

 

Du coup, la seconde chambre du Parlement fédéral, le Bundesrat, a vu sa composition progressivement modifiée. Le Bundesrat est composé de représentants des gouvernements régionaux (entre 3 et 6 voix par gouvernement selon la taille du land). Une nouvelle fois, une sorte de cohabitation prend forme dans le République Fédérale.

 

Pour autant, la partie est loin d'être gagnée pour la gauche allemande. Les élections de l'automne 2011 le confirment. Dans le Mecklenbourg-Vorpommern, le SPD confirme sa première place en améliorant nettement son score, et les Verts sont en nette hausse. Pour autant, il leur manque quelques voix pour pouvoir gouverner, et la grande coalition SPD-CDU est maintenue. A Berlin surtout, la coalition SPD-Linke n'a pu être reconduite du fait du tassement du parti de gauche et d'un SPD en moins grande forme que prévue dans cette ville-état où la compétition électorale est particulièrement ouverte. La nette poussée verte permettait d'envisager une coalition rouge-verte, mais des négociations chaotiques ont amené le ministre-président social-démocrate à privilégier une grande coalition avec une CDU plutôt assez marginalisée à Berlin (avec 23% des voix, elle était la seule force de droite au Parlement). De plus, l'élection berlinoise a aussi vu l'émergence d'un "parti pirate", qui semble capter des votes qui s'orientaient auparavant vers les Verts et le SPD.

 

Composition du Bundesrat :

 

  Bundesrat detail-copie-2

 

Bundesrat-simplifie-copie-2.jpg 

  


-Baden-Württemberg

 

 

(Kretschmann)

 

27/03/2011 : CDU 39,0% (60s) ; Grünen 24,2% (36s) ; SPD 23,1% (35s) ; FDP 5,3% (7s)

26/3/2006 :  CDU 44,2% (69s) ; SPD 25,2% (38s) ; Grünen 11,7% (17s) ; FDP 10,7% (15s)

2001 :          CDU 44,8% (63s) ; SPD 33,3% (45s) ; FDP 8,1% (10s) ; Grünen 7,7% (10s)

 

- Bayern



 (Seehofer)

 

 

28/9/2008 : CSU 43,4% (92s) ; SPD 18,6% (39s) ; Freie Wähler 10,2% (21s) ; Grünen 9,4% (19s) ; FDP 8,0% (16s)
21/9/2003 : CSU 60,7% (124s) ; SPD 19,6% (41s) ; Grünen 7,7% (15s)

 

- Berlin

 

(Wowereit)

 

 

 

18/09/2011 : SPD 28,3% (47s) ; CDU 23.3% (39s) ; Grünen 17,6% (29s) ; Die Linke 11,7% (23s) ; Piraten 8,9% (15s) ;

17/9/2006 :  SPD 30,8% (53s) ; CDU 21,3% (37s) ; PDS 13,4% (23s) ; Grünen 13,1% (23s) ; FDP 7,6% (13s)

2001 :          SPD 29,7% (44s) ; CDU 23,8% (35s) ; PDS 22,6% (33s) ; FDP 9,9% (15s) ; Grünen 9,1% (14s)

 

- Brandenbourg

(Platzeck)

 


27/9/2009 : SPD 33,0% (31s) ; Linke 27,2% (26s) ; CDU 19,8% (19s) ; FDP 7,2% (7s) ; Grüne 5,6% (5s)
19/9/2004 : SPD 31,9% (33s) ; PDS 28,0% (29s) ; CDU 19,4% (20s) ; DVU 6,1% (6s)

 

- Bremen

 

(Böhrnsen)

 

22/05/2011 : SPD 38,6% (36s) ; Grünen 22,5% (21s) ; CDU 20,3% (20s) ; Die Linke 5,6% (5s) ; BIW 3,7% (1s)

13/05/2007 : SPD 36,8% (33s) ; CDU 25,7% (23s) ; Grünen 16,'% (14s) ; Die Linke 8,4% (7s) ; FDP 6% (5s) ; DVU 1s.  

25/5/2003 : SPD 42,3% (40s) ; CDU 29,8% (29s) ; Grünen 12,8% (12s) ; FDP 4,2% (1s) ; DVU 2,3% (1s)

 

- Hamburg

 

 

 

(Schloz)

20/02/2011: SPD 48,4% (62s); CDU 21,9% (28); Grünen/GAL 11,2% (14); FDP 6,7% (9); Die Linke 6,4% (8)

24/2/2008 : CDU 42,6% (56s) ; SPD 34,1% (45s) ; Grünen 9,6% (12s) ; Linke 6,4% (8s)
29/2/2004 : CDU 47,2% (63s) ; SPD 30,5% (41s) ; Grünen 12,3% (17s)

 

- Hessen

 

 

 (Koch)

18/01/2009 : CDU 37,2% (46s) ; SPD 23,8% (29s) ; FDP 16,2% (20s) ; Grünen 13,7% (17s) ; Linke 5,4% (6s).
27/01/2008 : CDU 36,8% (42s) ; SPD 36,7% (42s) ; FDP 9,4% (11s) ; Grünen 7,5% (9s) ; Linke 5,1% (6s).
2/2/2003 :   CDU 48,8% (56s) ; SPD 29,1% (33s) ; Grünen 10,1% (12s) ; FDP 7,9% (9s)

 

- Mecklenburg-Vorpommern

 (Sellering)

 

 

4/09/2011 : SPD 35,6% (27s) ; CDU 23,0% (18s) ; Die Linke 18,4% (14s) ; Grünen 8,7% (7s) ; NPD 6% (5s)

17/9/2006 :  SPD 30,2% (23s) ; CDU 28,8% (22s) ; PDS 16,8% (13s) ; FDP 9,6% (7s) ; NPD 7,3% (6s)

2002 :          SPD 40,6% (33s) ; CDU 31,4% (25s) ; PDS 16,4% (13s)

 

- Niedersachsen

 

 

 (Wulff)

27/1/2008 : CDU 42,5% (68s) : SPD 30,3% (48s) ; FDP 8,2% (13s) ; Grünen 8,0% (12s) ; Linke 7,2% (11s).

2/2/2003 :   CDU 48,3% (91s) ; SPD 33,4% (63s) ; FDP 8,1% (15s) ; Grünen 7,6% (14s).

 

- Nordrhein-Westfalen

 

  (Kraft)

 

9/05/2010 : CDU 34,6% (67s) ; SPD 34,5% (67s) ; Verts 12,1% (23s) ; FDP 6,7% (13s) ; Linke 5,6% (11s).

22/5/2005 : CDU 44,8% (89s) ; SPD 37,1% (74s) ; Verts 6,2% (12s) ; FDP 6,2% (12s).

 

- Rheinland-Pfalz

  

 

(Beck)

 

27/03/2011 : SPD 35,7% (42s) ; CDU 35,2% (41s) ; Grünen 15,4% (18s)

26/3/2006 :  SPD 45,6% (53s) ; CDU 32,8% (38s) ; FDP 8% (10s)

2001 :          SPD 44,7% (49s) ; CDU 35,3% (38s) ; FDP 7,8% (8s) ; Grünen 5,2% (6s)

 

- Saarland

 

 

(Müller)

30/08/2009 : CDU 34,5% (19s) ; SPD 24,5% (13s) ; Linke 21,3% (11s) ; FDP 9,2% (5s) ; Grüne 5,9% (3s).
5/9/2004 :   CDU 47,5% (27s) ; SPD 30,8% (18s) ; Grünen 5,6% (3s) ; FDP 5,2% (3s)

 

- Sachsen

 

 

 

 (Tillich)

30/08/2009 : CDU 40,2% (58s) ; Linke 20,6% (29s) ; SPD 10,4% (14s) ; FDP 10% (14s) ; Grüne 6,4% (9s) ; NPD 5,6% (8s)
19/9/2004 : CDU 41,1% (55s) ; PDS 23,6% (31s) ; SPD 9,8% (13s) ; NPD 9,2% (12s) ; FDP 5,9% (7s) ; Grünen 5,1% (6s)

 

- Sachsen-Anhalt

 

 

 (Haseloff)

20/03/2011 : CDU 32,5% (41s) ; Die Linke 23,7% (29s) ; SPD 21,5% (26s) ; Grünen 7,1% (9s)

26/3/2006 :  CDU 36,2% (40s) ; PDS 24,1% (26s) ; SPD 21,4% (24s) ; FDP 6,7% (7s)

2002 :          CDU 37,3% (48s) ; PDS 20,4% (25s) ; SPD 20,0% (25s) ; FDP 13,3% (17s)

 

- Schleswig-Holstein

 

 

(Carstensen)


27/09/2009 : CDU 31,5% (35s) ; SPD 25,4% (25s) ; FDP14,9% (15s) ; Grüne 12,4% (12s) ; Linke 6 (5s) ; SSW 4,3% (4s)
20/2/2005 : CDU 40,2% (30s) ; SPD 38,7% (29s) ; FDP 6,6% (4s) ; Grünen 6,2% (4s) ; SSW 3,6% (2s)

 

- Thüringen

 

 

(Lieberknecht)

30/08/2009 : CDU 31,2% (30s) ; Linke 27,4% (27s) ; SPD 18,5% (18s) ; FDP 7,6% (7s) ; Grüne 6,2% (6s)
13/6/2004 : CDU 43,0% (45s) ; PDS 26,1% (28s) ; SPD 14,5% (15s)

Par Joel Le Deroff - Publié dans : Allemagne
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 19:10

Les Communautés autonomes disposent de compétences très importantes, y compris législatives, en Espagne. Dans ce système presque fédéral, la majorité des régions voient leur Parlement renouvelé en même temps, ce qui a été le cas le 22 mai 2011. Cependant, le Pays Basque, la Galice, la Catalogne et l'Andalousie, qui disposent, à des degrés divers, de compétences encore plus importantes, élisent leurs représentants à des dates qui leur sont propre.

 

Depuis le milieu des années 1990, la droite espagnole avait pris l'avantage dans la majorité des régions. De manière intéressante, son ascension avait été stoppée à partir de 2003, avec les protestations contre la participation de l'Espagne à la guerre en Irak, qui avaient mis en difficulté le gouvernement Aznar. Ce coup d'arrêt avait été confirmé durant le premier mandat du gouvernement Zapatero, lors des élections de 2007.

 

Le passage de la Galice à Gauche pendant un mandat, ainsi que la succession de deux législatures de gauche en Catalogne, alors que ces régions avaient été depuis le retour de la démocratie un fief de la droite pour la première, et du centre-droit autonomiste pour la seconde, ont pu faire croire à une inversion de tendance. Les Baléares avaient également élu un gouvernement de gauche, d'extrême justesse, en 2007. Cependant, la gauche n'a jamais pu reprendre le terrain perdu dans les années 1990 face au PP. Ses lourds échecs successifs à Madrid et en Communauté de Valence, sa marginalisation dans des régions comme Murcie, étaient inquiétantes. Sa domination historique en Andalousie, en Extremadure et en Castille-la-Manche masquaient un effritement progressif visible par exemple lors des élections municipales, lors desquelles les capitales provinciales lui échappaient les unes après les autres. Et sa victoire au Pays Basque en 2009 reposait sur une alliance contre-nature avec le PP face aux partis autonomistes traditionnellement au pouvoir dans cette Communauté.

 

Les élections de 2010 (en Catalogne) et de 2011, dans un contexte d'impopularité extrême du gouvernement central, sont un naufrage pour le PSOE. L'avenir dira si d'autres cycles politiques lui permettront de reprendre la main dans ses anciens fiefs du sud, d'inverser enfin la tendance dans la capitale, ou de continuer, malgré son revers de 2011, le lent rééquilibrage entrepris dans les régions plus à droite du nord et de l'ouest au cours des années 2000.


ANDALUCIA 

 

 

 

- 9/03/2008 : PSOE 48,2% (56s) ; PP 38,6% (47s) ; IULV-CA : 7,1% (6s)

- 2004 : PSOE 50,27% (61s) ; PP 31,79% (37s) ; IU 7,51% (6s) ; P.Andalucista 6,19% (5s)

ARAGON
 

 

 

 

 

PAR

- 22/05/2011 : PP 39,7% (30s) ; PSOE 29,0% (22s) ; PAR 9,2% (7s) ; CHA 8,2% (4s) ; IU 6,2% (4s)

- 27 mai 2007 : PSOE 41,15% (30s) ; PP 31,06% (23s) ; PAR 12,08% (9s) ; CHA 8,15% (4s) ; IU 4,09% (1s)

- 2003 : PSOE 38,75% (25s) ; PP 31,39% (22s) ; CHunta Aragonesista 14,01% (9s) ; P.ARagones 11,41% (8s)



ASTURIAS

FAC  

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PSOE 29,8% (15s) ; FAC (dissidents du PP) 29,7% (16s) ; PP 19,9% (10s) ; IU 10,3% (4s)

- 27 mai 2007 : PP 41,70% (20s) ; PSOE 41,50% (21s) ; IU 9,9% (4s)

- 2003 : PSOE 40,3% (22s) ; PP39,3% (19s) ; IU 11,2% (4s)


BALEARES

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 46,4% (35s) ; PSOE 21,4% (14s) ; PSM-IV-EXM 8,6% (4s) ; PSOE-PACTE 3% (4s) ; PSM-EM 0,9% (1s) ; GxF-PSOE 0,5% (1s)

- 27 mai 2007 : PP 46,0% (28s) ; PSIB-PSOE 27,6% (16s) ; PSOE-Eivissa4,6% (6s) ; PSM-Entesa 9% (4s) ; UM 6,7% (3s) ; PS-Menorca - Entesa Nacionalisa i el Verds Menorca 0,8% (1s) ; Independent Popular Formentera 0,4% (1s).

- 2003 : PP 44,7% (30s) ; PSOE 24,6% (15s) ; PSM-Entesa Nacionalista 8,% (4s) ; Unio Mallorquina; EU 4,9% (2s) ; Pacte 3,6% (5s)

 

CANTABRIA

 

 

 



- 22/5/2011 : PP 46,1% (20s) ; PRC 29,2% (12s) ; PSOE 16,3% (7s)

- 27 mai 2007 : PP 41,52% (17s) ; PRC 28,87% (12s) ; PSOE 24,33% (10s)

- 2003 : PP 42,43% (18s) ; PSOE 29,91% (13s) ; PRC 19,47% (8s)



CANARIAS

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 31,8% (21s) ; CC 24,9% (21s) ; PSOE 21,0% (15s) ; Nueva Canarias 9,1% (3s)

- 27 mai 2007 : PSOE 34,72% (26s) ; PP 24,37% (15s) ; CC23,09% (17s) ; CC-AHI 0,27% (2s)

- 2003 : Coalicion Canaria 32,72% (23s) ; PP 30,44% (17s) ; PSOE25,28% (17s) ; Federacion Nacionalista Canaria 4,80% (3s)


CASTILLA-LA-MANCHA

 

 

 

- 22/5/2011 : PP 48,1% (25s) ; PSOE 43,4% (24s)

- 27 mai 2007 : PSOE 51,92% (26s) ; PP42,45% (21s) 

- 2003: PSOE 57,81% (29s) ; PP36,70% (18s)



CASTILLA Y LEON

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 51,6% (53s) ; PSOE 29,6% (29s) ; IU 4,9% (1s) ; UPL 1,9% (1s)

- 27 mai 2007 : PP 49,41% (48s) ; PSOE 37,49% (33s) ; UPL 2,74% (2s)

- 2003 : PP 48,56% (48 s) ; PSOE36,74% (31s) ; UPL 3,88% (3s)



CATALUNYA

 Logo_CiU.jpg

- 28/11/2010 : CiU 38,5% (62s) ; PSC 18,3% (28s) ; PP 12,3% (18s) ; ICV-EUiA 7,4% (10s) ; ERC 7,0% (10s) ; Ciudadans 3,4% (3s) ; SI 3,3% (4s).

- 1/11/2006 : CiU 31,5% (48s) ; PSC-PSOE 26,8% (37s) ; Esquerra Republicana de Catalunya 14,0% (21s) ; PP 10,7% (14s) ; ICV-EU 9,5% (12s) ; Ciudadans 3% (3s)

- 2003 : PSC-PSOE 31,16% (42s) ; CiU 30,94% (46s) ; ERC 16,44% (23s) ; PP 11,89% (15s) ; ICV-EU7,28% (9s)


EXTRAMADURA

 

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 46,2% (32s) ; PSOE 43,5% (30s) ; IU 5,6% (3s)

- 27 mai 2007 : PSOE 52,90% (38s) ; PP 38,79% (27s)

- 2003 : PSOE 51,62% (36s) ; PP 38,74% (26s) ; IU 6,27% (3s)



EUSKADI

 

 

 

- 2009 : Partido Nacionalista Vasco 38,56% (30s) ; PSE-PSOE 30,7% (25s) ; PP 14,1% (13s) ; ARALAR 6,03% (4s) ; EA 3,69% (1s) ; EB-B 3,51% (1s) ; UPyD 2,15% (1s)
- 2
005 : Partido Nacionalista Vasco-EA 38,6% (29s) ; PSE-PSOE 22,7% (18s) ; PP 17,4% (15s) ; Partido Comunista de las Tierras Vascas 12,5% (9s) ; IU 5,4% (3s) ; ARALAR 2,3% (1s)



GALICIA

 

 

 

 

- 2009 : PP 46,68% (38s) ; PSOE 31,02% (25s) ; BNG 16,01% (12s).
- 2005 : PP 45,2% (37s) ; PSOE 33,2% (25s) : Bloque Nacionalista Galego 18,7% (13s)

 

MADRID

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 51,7% (72s) ; PSOE 26,2% (26s) ; IU 9,6% (13s) ; UPyD 6,3% (8s)

- 27 mai 2007 : PP 53,30% (67s) ; PSOE 33,46% (42s) ; IU 8,89% (11s)

- 2003 : PP 48,48% (57s) ; PSOE 39,00% (45s) : IU 8,50% (9s)



MURCIA

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 58,8% (33s) ; PSOE 23,9% (11s) ; IU 7,8% (1s)

- 27 mai 2007 : PP 58,49% (29s) ; PSOE 31,81% (15s) ; IU-RM 6,24% (1s)

- 2003 : PP 56,76% (28s) ; PSOE 34,04% (16s) ; IU 5,66% (1s)



NAVARRA

 

 

 

 

 

- 22/05/2011 : UPN 34,5% (19s) ; PSN-PSOE 15,8% (9s) ; NA-BAI 15,4% (8s) ; Bildu 13,3% (7s) ; PP 7,3% (4s) ; IZQ-EZK 5,7% (3s)

- 27 mai 2007 : UPN/PP 42,30% (22s) ; NA 23,50% (12s) ; PSN-PSOE 22,40% (12s) ; IU 4,4% (2s) ; CDN 4,40% (2s)

- 2003 : Union del Pueblo Navarro/PP 41,48% (23s) ; PSN-PSOE 21,15% (11s) ; IU 8,77% (4s) ; ARALAR 7,83% (4s) ; CDN (Convergencia de Democratos de Navarra) 7,66% (4s) ; PNV/EA 7,43% (4s)



LA RIOJA

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 51,9% (20s) ; PSOE 30,3% (11s) ; PR 5,4% (2s)

- 27 mai 2007 : PP 48,74% (17s) ; PSOE 40,47% (14s) ; PR 5,95% (2s)

- 2003 : PP 48,60% (17s) ; PSOE 38,18% (14s) ; Partido Riojano 6,81% (2s)



COMUNIDAD VALENCIANA

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 48,5% (55s) ; PSOE 27,5% (33s) ; Coalicio COMPROMIS 7% (6s) ; EUPV 5,8% (5s)

- 27 mai 2007 : PP 52,22% (55s) ; PSOE 34,21% (37s) ; IU/COMPROMIS 7,98% (7s)

- 2003 : PP 46,92% (48s) ; PSV-PSOE 35,70% (36s) ; UV-Entesa 6,30% (5s)

 

CEUTA

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 65,2% (18s) ; Coalicion Caballas 14,3% (4s) ; PSOE 11,7% (3s)

 

MELILLA

 

 

 

 

- 22/05/2011 : PP 53,9% (15s) ; Coalicion por Melilla 23,7% (6s) ; PSOE 8,5% (2s) ; PPL 6,8% (2s)

Par Joel Le Deroff - Publié dans : Espagne
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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 14:47

Publié sur Eurocité, le Think tank européen progressiste:

 

C’est là une question sur laquelle les progressistes européens devraient à tout prix se pencher. Depuis plusieurs années, la politique polonaise suscite leur incompréhension et souvent leur inquiétude, du fait de l’effondrement des partis de gauche durablement discrédités, et de la force d’une droite nationaliste et fondamentaliste catholique incarnée par les frères Kaczynski.

Pourtant, mieux connaître la politique polonaise est une nécessité. Il serait illusoire de prétendre définir des stratégies à l’échelle de l’Union en faisant l’impasse sur l'un des plus grands pays du continent. Son économie est l'une des rares à n’avoir pas souffert de la crise. La cohérence de son gouvernement sur la scène européenne est reconstituée depuis 2007 et c’est un polonais qui préside le Parlement européen.

La Pologne est désormais au centre du jeu politique. La gauche socialiste et sociale-démocrate des 26 autres pays doit prendre conscience que l’avenir de ses homologues polonais déterminera aussi sa capacité à reprendre la main à Bruxelles et Strasbourg.

Cet article propose un aperçu de la scène politique d’un pays délicat mais dynamique. Il aborde le rapport de force électoral entre pro-européens et populistes pro-Kaczynski, la situation et la localisation du vote de la gauche, ainsi que certaines questions posées par le fort niveau d’abstention et les perspectives pour les prochaines élections législatives prévues en 2011.

 

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1. Un enjeu majeur et préoccupant pour la gauche européenne

En décembre 2010, le Conseil annuel du Parti socialiste européen (PSE) s’est réunit à Varsovie. On ose espérer que cela a été, pour les congressistes, l’occasion de se pencher sur la situation politique d’un pays mal connu par les grands partis de gauche des Etats membres historiques de l’Union européenne. À vrai dire, un tel effort de leur part est absolument nécessaire.

Quelles images avons-nous retenues de la scène politique polonaise ces dernières années ? Citons-en brièvement trois :

1) L’affrontement avec Jacques Chirac sur le thème « nouvelle Europe » contre « vieille Europe », lors du déclenchement de l’invasion de l’Iraq (2003). Alors même que le gouvernement polonais était dirigé par le centre-gauche postcommuniste (Alliance de la gauche démocratique, SLD), il était et reste naturel pour les citoyens de gauche de se sentir plus proche, sur cette question, des positions de l’ancien Président français. Et ce, malgré l’erreur politique majeure qu’était son arrogance à l’égard des Polonais. La suite de l’histoire et l’évolution de la situation en Iraq n’ont pu que renforcer ce sentiment.

2) Le passage au pouvoir (2005-2007) des très populistes jumeaux Kaczynski, fondamentalistes catholiques, et de leur parti Droit et justice (PiS), allié à d’instables partenaires encore plus extrémistes qui finirent par causer l’effondrement de leur gouvernement. Une image peu rassurante, d’autant plus que PiS semble jusqu’ici se maintenir comme l’un des deux grands partis en position de prétendre au pouvoir.

3) L’arrivée au pouvoir en 2007 du conservateur pro-européen Donald Tusk et le triomphe confirmé de sa Plate-forme civique (PO) à toutes les élections depuis lors. Outre le Premier ministre, deux hommes incarnent cette phase de l’histoire politique : Jerzy Buzek, le Président du Parlement européen élu en 2009, et Bronislaw Komorowski, récemment élu Président de la République. Qualifié de libéral par la presse, PO est pourtant membre du Parti populaire européen (PPE) et ses dirigeants sont des chrétiens-démocrates profondément conservateurs sur le plan social comme économique. L’estime relative dont jouissent les acteurs de cette « normalisation à droite » tient surtout à leur rôle de rempart par rapport aux excès de PiS.

Dans ces conditions, la politique polonaise suscite généralement de l’incompréhension, pour ne pas dire de l’inquiétude, chez les progressistes d’Europe occidentale.

Il est désormais urgent d’approfondir notre connaissance de ce pays. D’abord, car travailler en profondeur avec tous les membres de l’Union européenne est un devoir institutionnel et politique. Il serait illusoire de prétendre définir une politique à l’échelle de l’Union en faisant l’impasse sur cette nécessité. Ensuite, parce que la Pologne est un poids lourd en Europe. Avec 40 millions d’habitants, elle est le 5ème pays de l’Union, à égalité avec l’Espagne, et loin devant les suivants. Son économie est en croissance continue. Elle est l'un des rares pays à n’avoir pas souffert de la crise économique qui a éclaté en 2008. Sa cohésion politique sur la scène européenne est reconstituée depuis 2007 et confirmée par l’échec de Jaroslaw Kaczynski lors de l’élection présidentielle de 2010. Il n’est plus question de marginalisation ; la Pologne est désormais au centre du jeu politique européen.

Enfin, du point de vue de la technique institutionnelle, la Pologne dispose d’une représentation à la hauteur de sa taille au Parlement européen et au Conseil de l’Union. Il faut donc compter avec son gouvernement et avec ses représentants élus. Or, l’atonie actuelle de la gauche polonaise est un facteur de poids dans l’évolution structurelle qui met aujourd’hui les socialistes européens dans l’incapacité de prétendre à la première place au Parlement. En 2009, la gauche représente en tout et pour tout 7 des 50 députés européens polonais (Groupe Socialiste et Démocrate S&D), contre 28 pour le groupe conservateur PPE et 15 pour le groupe eurosceptique ECR.

 

2. Les législatives de 2007 : le début d’une stabilisation politique marquée par le cantonnement de la gauche dans un rôle second

a. L’installation d’un bipolarisme droite-droite

Les élections anticipées d’octobre 2007 avaient vu l’éclatante victoire de la Plate-forme civique (PO) et du pro-européen Donald Tusk, l’homme qui avait successivement perdu les législatives et la présidentielle de 2005. Avec 41,5% des voix, son parti réalise, à égalité avec l’Alliance de la gauche démocratique (SLD) en 2001, le meilleur score d'un parti politique depuis le rétablissement de la démocratie.

L’autre enseignement de l’élection est la survie de la gauche, menacée de ghettoïsation avec un score de 13,1% pour la coalition Gauche et démocrates (LiD) emmenée par l’ancien Président Aleksander Kwasniewski. Le SLD en reste la force la plus importante. 13,1% c’est à la fois important pour une tendance politique divisée qui aborde chaque élection en craignant de sombrer définitivement – ce qui valide ainsi l’hypothèse que sa réunification la sauve de la disparition (seuls les partis dépassant le seuil de 5% des voix ont des élus à la Diète) - et très peu pour un ancien parti de gouvernement isolé et sans allié potentiel.

Car in fine, malgré la défaite du parti des frères Kaczynski (PiS), l'élection peut se lire comme l’achèvement d’une bipolarisation de la vie politique entre les deux grandes tendances de la droite. En 2005, PO et PiS rassemblaient ensemble 51% des voix exprimées. En 2007, ils représentent plus de 73% des suffrages. L’antagonisme entre les deux partis, définitivement installé depuis leur refus de gouverner ensemble en 2005, est renforcée par la transformation de toute élection entre un choix pour ou contre le camp Kaczynski, conduisant à un recours massif au vote "utile" en faveur de PO. Inversement, la disparition électorale des alliés extrémistes de PiS (la Ligue des familles polonaises LPR et Autodéfense/Samoobrona, relégués hors du Parlement avec environ 1% chacun) consolide ce parti qui obtient un résultat supérieur à celui des élections précédentes avec 32% des voix.

 

b. Une forte détermination territoriale du vote

La première carte représente les zones de force des deux premiers partis, en fonction de leur ordre d’arrivée. Le bleu est la couleur de PiS, le orange celle de PO. Le paysage bipolaire qui s’installe est donc d’emblée très marqué territorialement. Il existe une division entre les zones du centre, de l'est et du sud-est dominées par le populisme catholique et tendanciellement anti-européen, et les régions de la Baltique, du nord-ouest et de l'ouest, ainsi que des métropoles, où les conservateurs pro-européens l’emportent très nettement.

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Dès 2007, la position des autres acteurs électoraux, et en particulier de la gauche, est également posée. Dans une certaine mesure, les zones de force (relative) de la coalition de centre-gauche LiD coïncident avec les régions dominées par le camp pro-européen. Cela n’est en soi pas une surprise, puisque les gouvernements du SLD, jusqu’en 2005, ont assuré la fin du processus d’adhésion de la Pologne à l’Union européenne, et assumé pleinement sa nouvelle appartenance à l’OTAN.

Néanmoins, il faut noter que la présence de la gauche, dès 2007, tend à s’éroder dans les grandes métropoles, ce qui est une différence notable avec PO. Si les scores de la gauche, et notamment de la fraction qui avait rompu avec le SLD – accusé de corruption – avaient été supérieurs à la moyenne nationale à Varsovie lors des élections législatives et municipales de 2005, les élections de 2007, marquées par le rassemblement de cette famille politique sous la domination du SLD, voient une inversion de tendance notable. La même situation est observable à Poznan et plus encore dans les villes industrielles de Silésie (sud) et à Gdansk.

Malgré le recul des petits partis, un quatrième acteur pèse dans le paysage électoral de 2007 : il s’agit du Parti du peuple polonais (PSL). Cette petite formation agrarienne,  membre du Parti populaire européen (PPE), a une histoire longue et complexe, y compris avant le communisme. Depuis 1989, il a servi de force gouvernementale d’appoint aussi bien au SLD que dans la période actuelle à PO. Il obtient des scores inférieurs à 10%, mais toujours suffisants pour lui assurer une représentation parlementaire. En 2007, il frôle 9% en s’appuyant sur le recul des anciens alliés d’extrême droite du PiS, dont l’implantation territoriale correspondait à la sienne : les régions rurales du centre-est du pays. Un des traits marquants de l’élection présidentielle de 2010 est l’effacement du PSL, dont le candidat n’atteint pas 2%. Il sera donc instructif de se demander comment ces voix, bénéficiant jusque là à un parti au positionnement ambigu, se répartissent.

 

3. La présidentielle de 2010 : la confirmation d’un état de fait

L’élection présidentielle des 20 juin et 4 juillet 2010 est elle aussi une élection anticipée. Elle fait suite au décès du Président Lech Kaczynski et d’un nombre impressionnant d’élus et de personnalités de haut rang lors du crash de l’avion présidentiel en avril dernier.

Depuis de nombreux mois, il apparaissait que le Président sortant, candidat à sa réélection, s’acheminait vers une très lourde défaite dès le premier tour. Le premier ministre PO, Donald Tusk, avait fait le choix de ne pas se représenter et de laisser la place à Bronislaw Komorowski, Président de la Diète depuis 2007 et Président par intérim depuis la catastrophe aérienne, conformément aux règles constitutionnelles. Rapidement, le frère jumeau du Président défunt et ancien premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, se lance dans la bataille. Dans un climat chargé d’émotion nationale, il va effectuer une remontée rapide au point de raviver le suspense dans la ligne finale de la campagne. Néanmoins, PO réussit finalement, 5 ans après sa double défaite de 2005, à achever sa revanche en assurant l’élection de son candidat avec un peu plus de 6 points d’écart.

 

a. La lecture des résultats

Le premier constat qui s’impose est que la configuration de la campagne électorale a permis de consolider le bipartisme droite-droite, élaboré en 2005 et confirmé en 2007. Le score de PO au premier tour est rigoureusement identique à celui obtenu lors des législatives (41,54% contre 41,51%). Avec 36,46%, le candidat de PiS améliore lui de plus de 4 points le score de son parti. Le total des deux premières formations politiques grimpe donc encore à 78% des voix exprimées.

Les zones de force des deux partis rivaux restent relativement inchangées et les évolutions régionales atypiques (nettement différentes des évolutions moyennes nationales) sont rares. Il faut cependant noter la spécificité de la région de Mazovie, qui englobe Varsovie.

La capitale elle-même – dont Lech Kaczynski avait pourtant été le premier magistrat de 2002 à 2005 – reste indiscutablement un fief du camp pro-européen, ce qui sera confirmé au mois de novembre par la réélection au premier tour de sa maire PO, Hannah Gronkiewicz-Waltz, avec 53,3% contre seulement 23,3% au candidat PiS. Malgré cela, la région qui entoure la capitale connaît une évolution contraire, puisque sur l’ensemble de la Mazovie, PO perd près de 3 points en 3 ans alors que PiS en devient le premier parti en gagnant près de 7 points, à 40,5%. Il y a donc inversion par rapport aux législatives, une inversion confirmée de peu au second tour de la présidentielle par les 50,6% de Jaroslaw Kaczynski. La région de Lodz connaît une situation en tous points similaire, avec la même opposition entre ville-centre et périphérie.

En réalité, cette opposition entre ville et zones rurales permet de tempérer l’idée d’un renversement de tendance complet, de 2007 à 2010, dans ces deux régions. Si on se réfère à la carte de 2007, plus précise, on se rend compte qu’en prenant pour référence des circonscriptions plus petites, les zones de force de PO et de PiS sont globalement restées les mêmes.

 

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En ce qui concerne les autres forces politiques, le PSL s’effondre, son candidat obtenant 1,75% des voix. En revanche, le candidat du SLD, Grzegorz Napieralski, réussit à rééditer le score de la gauche en 2007 et l’améliore même d’un demi-point (13,7%), alors même qu’il avait commencé la campagne électorale avec des sondages bien moins favorables. Du coup, son score, qui représente l’essentiel des reports de voix potentiels pour le second tour, a été abondamment commenté, de même que son refus de prendre clairement position.

De manière très intéressante, le candidat du SLD fait évoluer le score de son parti de manière différente selon les régions. Il gagne jusqu’à 3 points dans certaines régions, notamment à l’est du pays (mais pas en Podlasie, par exemple), et peut ailleurs perdre jusqu’à 3 points. Même si les zones de force de la gauche continuent de se situer majoritairement à l’ouest du pays, la coïncidence avec les zones pro-européennes n’est pas parfaite. De plus, cette coïncidence disparaît tout à fait si on prend en considération non pas le score, mais l’évolution des résultats du parti. En fait, les plus fortes progressions du SLD se superposent généralement à des progressions particulièrement notables de PiS.

Une étude de la région de Mazovie/Varsovie permet d’émettre une hypothèse explicative forte, qui est par ailleurs confirmée dans d’autres régions. C’est la quasi-disparition du vote PSL, qui, à participation constante ou presque, a abouti au renforcement de la gauche comme de l’extrême-droite, principalement dans le centre-est et le centre-sud du pays.

Ainsi, dans la capitale elle-même, le PSL, représentant les campagnes, a toujours été marginal (2,3% en 2007, 0,7% en 2010), et n’a donc perdu qu’un nombre limité de voix. Or, la gauche subit un nouveau recul en passant de 12,7% à 10,6% en trois ans, alors que PiS connaît une progression d’un peu plus de deux points (plus de 4 au niveau national).

En revanche, si l’on considère l’ensemble de la Mazovie, le PSL est à son niveau national de 9% en 2007 et atteint jusqu’à 20% hors de la capitale. Il tombe à 2,3% en 2010. Il s’agit donc d’une chute vertigineuse, représentative de sa situation nationale. Or, dans cet ensemble géographique, PiS progresse de 7 points, soit plus que sa moyenne nationale, alors que le candidat de gauche progresse de 10,6% à 11,4%, inversant complètement l’évolution constatée à Varsovie, et ce alors même que la capitale représente près de la moitié des électeurs exprimés de la région.

C’est donc le ralliement d’une partie des électeurs du parti agrarien, notamment dans les zones de force des eurosceptiques, qui a permis à la gauche de se maintenir, alors que son implantation urbaine a eu tendance à s’affaiblir un peu plus1. Dès lors, il faut relativiser un peu plus le succès que constituerait le score du candidat Napieralski, même s’il a fait mentir une nouvelle fois ceux qui annonçaient un naufrage électoral. Les élections locales de novembre 2010 ont d’ailleurs déjà montré que le PSL pouvait reprendre du poil de la bête dans des élections d’une autre nature que la présidentielle, au point de disputer au SLD son rôle de troisième force politique nationale.

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b. L’abstention massive : une variable considérable

La participation électorale en Pologne est faible. Faible, comparée à la plupart des pays d’Europe occidentale. Pour autant, il ne s’agit pas d’une atonie générale, ni encore d’une stagnation désespérante.

Ainsi, les élections législatives anticipées de 2007, occasionnées par la chute de l'instable coalition du Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, avaient été l'occasion pour les Polonais de doublement retourner aux urnes. La participation, à 53,9%, peut sembler faible en regards des chiffres enregistrés dans d'autres pays. Pourtant, ils battent en effet un record pour des élections législatives polonaises et ils inversent de surcroît une tendance à la hausse de l’abstention, qui frôlait 60% lors des législatives précédentes de 2005.

La présidentielle de 2010 a été l’occasion d’une participation voisine (54,9% au premier tour et 55,3% au second tour), qui favorise la comparaison des résultats entre les deux scrutins. Là également, il s’agit d’une confirmation bienvenue d’un retour à une participation majoritaire : en 2005, la participation avait été de 49,7% au premier tour et de 51% au second tour. Tout au long de ces séquences électorales, et même si les élections se sont jouées entre deux conservatismes rivaux, il est réconfortant de constater que la consolidation du camp pro-européen s’appuie sur une participation plus ferme.

Avec des taux d’abstention catastrophiques, les scrutins européens confirment néanmoins une tendance à un regain de civisme, la participation d’à peine 25% de l’électorat en 2009 correspondant cependant à une hausse de 5 points en 5 ans.

Par ailleurs, la participation électorale varie considérablement selon les régions, et qu’elle est plus forte dans les parties urbanisées et économiquement motrices du pays. Pour l’illustrer, il suffit de mentionner quelques deux exemples en se basant sur les élections de 2007. La voïvodie d’Opole (sud-ouest), d’une population d’un million d’habitant et dont la préfecture est relativement peu peuplée, a connu un taux de participation de 45,5%, descendant au dessous de 40% dans certaines zones péri-urbaines et rurales (mais de 61,7% dans la préfecture). Il faut noter que cette voïvodie vote pour le camp pro-européen. Dans le même temps, la participation atteignait 73,4% à Varsovie, également fief du camp pro-européen et de PO.

Des contrastes similaires ont pu être observés lors des élections présidentielles de 2010, même si l’écart entre Varsovie et la moyenne nationale s’est légèrement réduit du fait d’une baisse relative de la participation dans la capitale (66,9%).


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Il faut espérer que la consolidation européenne du pays et sa santé économique contribueront à maintenir la tendance à une hausse générale de la participation. Les derniers scrutins ont été marqués par des alternatives claires, correspondant à des choix nationaux et internationaux engageant l’avenir du pays.

Une fois ces choix acquis, et désormais confirmés, il reste à savoir si les mobilisations autour de choix sociaux et économiques majeurs ainsi que d’une vision plus laïque de la société pourront, dans l’avenir, accentuer l’amélioration du civisme électoral.

Le camp de la droite pro-européenne ne peut incarner ces exigences laïques et sociales, quelle qu’ait été son utilité pour faire barrage aux frères Kaczynski, et malgré les voix minoritaires qui s’y élèvent aujourd’hui contre l’omniprésence des valeurs religieuses.

Il semble que c’est un grand défi pour le SLD, tant son discrédit doit encore être dépassé. C’est cependant une opportunité, pour une gauche reconstruite et dirigée par une génération nouvelle, moins soupçonnable de compromissions à l’époque communiste, d’élargir son espace politique et de retrouver un rôle à la hauteur des enjeux, de redevenir une force d’alternance. En représentant à la fois un libéralisme social et des politiques plus sociales, elle pourrait également dépasser le clivage territorial qui s’est dessiné ces dernières années, à condition de reprendre pied dans les grandes villes.

Il s’agit là d’un enjeu majeur de politique interne à l’Union européenne. La gauche socialiste et sociale-démocrate des 26 autres pays doit prendre conscience que l’avenir de ses homologues polonais déterminera aussi leur capacité à reprendre la main à Bruxelles et Strasbourg.

 

Auteur : Joël Le Deroff

 

* À lire églament sur EuroCité :

- l'interview de Marcin Duma, président du directoire de l’institut de sondage et de recherche polonais « Homo Homini », par Joël Le Deroff.

 

Note :

1 - S’il est vrai que le SLD remonte à 13,5% aux municipales avec la candidature de son jeune ancien leader Wojciech Olejniczak, ce serait oublier qu’en 2005, la candidature de Marek Borowski avait recueilli plus de 20% des voix et que son soutien avait été nécessaire pour faire pencher la balance en faveur de PO, un rôle devenu caduc en 2010 avec la réélection de la maire sortante au premier tour.

Par Joel Le Deroff - Publié dans : Pologne
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 19:45

Publié sur Eurocité, le Think tank européen progressiste:

 

Trop souvent encore, le débat politique sur l’Europe se résume à la forme institutionnelle que nous souhaitons donner à cette Union. À quoi bon, si cela nous permet d’oublier à bon compte de parler de l’Union en 2010, qui a déjà ses institutions, sa majorité politique, qui travaille et produit des normes juridiques ? La « construction européenne » est une belle expression, mais qu’on n’oublie pas de faire fonctionner ce qui est déjà construit !

La responsabilité des socialistes et des sociaux-démocrates est simple, mais gigantesque. Depuis les années 1950, ils ont construit, avec d’autres forces politiques européennes comme les chrétiens-démocrates, un ensemble institutionnel d’une certaine complexité, dont l’état actuel est le résultat de plusieurs traités modificatifs qui se sont succédé et qu’ils ont soutenus. Pris à ce jeu, ils n’ont pas construit le pendant citoyen nécessaire de cette réalité institutionnelle : la culture politique qui doit pourtant nécessairement l’accompagner.

C’est ce qui rend, à ce stade, la gauche incapable de cette médiation politique entre les citoyens et les institutions, dans ce système institutionnel qui constitue, selon le mot de Paul Magnette1, un régime politique sui generis. Bien évidemment, ce régime politique, ne ressemblant pas précisément aux régimes politiques nationaux préexistants, nécessite un effort de compréhension et de pédagogie pour que la culture politique partagée par tous s’élabore également sui generis.

Quoi qu’il en soit, le schéma de base du pouvoir législatif détenu par deux institutions (comme dans un régime parlementaire bicaméral), avec un quasi-monopole de l’initiative législative détenu par la Commission (comme beaucoup de gouvernements, de fait, en régime parlementaire), devrait suffire à comprendre les enjeux de l’évolution des majorités au Parlement et au Conseil, et à populariser les analyses effectuées à leur sujet. Dans les deux cas, les élections qui se rapportent à ces institutions sont des élections législatives européennes. Y compris, donc, les élections législatives nationales !

Pour ceux qui réfléchissent aux élections européennes de 2014, comme pour ceux qui tentent d’ouvrir des perspectives nouvelles face aux défaites consécutives des partis socialistes nationaux, ne serait-il pas urgent de proposer un discours faisant sa place à cette réalité institutionnelle ?


I. 2009 : Une gauche européenne déjà nettement minoritaire

À la veille des élections européennes du 4 au 7 juin 2009, le rapport de force politique dans l’Union européenne était déjà nettement en faveur de la droite. Le groupe du PPE (Parti populaire européen) était clairement le premier au Parlement européen, alors que le même parti européen contrôlait une majorité des gouvernements des Etats membres, correspondant à une majorité des voix au Conseil de l’Union européenne. Il était donc clair que le centre-droit détenait l’avantage au sein des deux institutions législatives de l’UE.

Pour autant, au moins deux raisons contribuaient à limiter les conséquences de cette prédominance de la droite.

Au Parlement européen, le PPE restait relativement loin de la majorité absolue. Sur de nombreuses questions, en particulier certaines questions sociales et de libertés publiques, des majorités alternatives, forgées dans le compromis, émergeaient régulièrement. Elles étaient fondées sur la convergence du groupe socialiste (PSE), du groupe de la gauche unie européenne (GUE), du groupe des Verts (Verts/ALE) et de la majorité du groupe libéral et démocrate (ALDE).

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 Au sein du Conseil de l’Union, les rapports de force partisans restent tempérés par des considérations de diplomatie interétatique. Par ailleurs, les votes s’effectuent soit à l’unanimité, soit, de plus en plus souvent, à la majorité qualifiée. Or, sous le régime du traité de Nice, cette majorité qualifiée était de 255 voix sur 345, soit nettement plus que les 59,4% que représentaient les chefs de gouvernement PPE au début du mois de juin 2009. À compter du 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne, qui étend le nombre de domaines politiques couverts par le vote à la majorité qualifiée, instaure pour celle-ci un nouveau mode de calcul selon lequel l’adoption d’une position requerra l’accord de 55% des Etats (soit au moins 15 sur 27) représentant 65% de la population. Néanmoins, ce mode de calcul ne s’appliquera qu’à partir du 1er novembre 20142.

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L’évolution de ce double rapport de force fait bien rarement, pour ne pas dire jamais, l’objet d’études comparatives. Cela s’explique par plusieurs raisons, qui sont pourtant de mauvaises raisons.


En ce qui concerne le Parlement, la lecture du scrutin législatif européen est rendue difficile par la perception nationale du scrutin qu’en a la majorité des électeurs, des responsables politiques et de la presse. Pour autant, au lendemain du 7 juin 2009, comme en 2004 et en 1999, plusieurs commentateurs ont pris le temps de décrire les nouveaux rapports de force au sein de l’assemblée législative élue au suffrage universel – la deuxième du monde après le Lok Sabha indien, si l’on prend pour critère la taille de la population représentée. Une étude plus détaillée des titres de la presse démontrerait vraisemblablement que l’attention portée au résultat d’ensemble de l’élection a sans doute été plus grande que par le passé. D’une part, le Parlement européen, avec le traité de Lisbonne, s’apprêtait à gagner de nouveau en pouvoir législatif. D’autre part, alors qu’il était devenu habituel de constater un vote sanction généralisé contre les gouvernements nationaux, l’élection de 2009 a fait apparaître un fait nouveau. La victoire de la droite s’est construite sur une asymétrie inédite dans l’histoire des élections européennes, puisque, si les gouvernements nationaux de gauche ont été sanctionnés, les pays gouvernés par la droite ont aussi vu une diminution importante du vote en faveur des sociaux-démocrates (à l’exception de la Grèce). Cette situation explique une victoire du PPE bien plus forte que dans les quelques projections envisagées avant le scrutin3.

En ce qui concerne le Conseil, la quasi-absence d’études ou de commentaires médiatiques sur l’évolution du rapport de forces politiques est quasiment incompréhensible. Elle représente sans doute la plus belle évidence de l’absence de développement d’une culture politique européenne dans le cadre de la construction européenne. Le Conseil représente en effet initialement la seule institution législatrice de la Communauté européenne. S’il partage désormais ce pouvoir avec le Parlement, son rôle demeure majeur, d’autant plus que les règles de vote, excluant la majorité simple, donnent à ses positions un poids politique renforcé. Il est vrai que la pondération des votes entre Etats peut apparaître complexe, ce qui expliquerait que la presse se borne à noter, de loin en loin, l’existence d’une majorité d’Etats à gauche (années 1990) ou à droite (depuis les années 2001-2002). En réalité, ce système de pondération, bien que s’effectuant entre un plus grand nombre d’Etats, dotés de poids plus hétérogènes, n’est dans son principe pas différent de celui qui préside à la répartition des sièges au Bundesrat allemand4. La difficulté de compréhension aurait donc pu être relativisée.


II. 2009-2010 : un affaiblissement incessant. Chiffres et interprétations

a. Elections législatives européennes des 4 et 7 juin 2009 : un résultat historique ?

Ainsi qu’il a été souligné plus haut, les élections européennes du 4 au 7 juin 2009 se sont traduites par une défaite historique des socialistes, mais aussi des gauches européennes.

La première défaite est l’abstention, qui frôle 60% dans l’Union et en France, et atteint parfois 80% dans certains pays d’Europe centrale et dans les bureaux de votes populaires. Alors même qu’il s’agissait d’élire des parlementaires chargés de se prononcer sur des « directives » et « règlements », qui sont en réalité d’authentiques lois-cadres et lois5. Pourtant, qui, plus que les électeurs des quartiers populaires et des régions qui souffrent le plus en Europe, a besoin d’être bien représenté dans un tel Parlement ?

La seconde défaite est, bien entendu, le résultat décevant des partis socialistes et sociaux-démocrates, qui est général, y compris dans les pays où on attendait qu’ils grappillent quelques points sur leur résultat de 2004 (Allemagne en tête) et dans ceux où on espérait qu’ils redeviennent le premier parti, à la faveur d’un passage à l’opposition (République tchèque notamment). Sans compter les reculs bien plus graves qu’attendus dans toute une série de pays où personne n’attendait d’amélioration (France, Royaume-Uni, Hongrie, Portugal, Bulgarie…).

Pour la première fois depuis qu’il est élu au suffrage universel direct, les droites, sans les libéraux-démocrates, sont majoritaires au Parlement européen. Pour la première fois, le total des groupes GUE, PSE, Verts/ALE et ADLE, qu’on le considère comme une majorité par défaut ou comme une simple entente de circonstance permettant de bloquer les projets de la droite la plus dure, pèse moins de 50% des sièges. Ce ne sera pas sans conséquence pour les citoyens européens que la gauche a la mission de défendre.

Qui a bénéficié de cette défaite ? Dans les urnes, la réponse est assez claire :

  • La droite conservatrice et les membres du PPE : au Portugal, en Espagne, en Autriche, mais aussi en Pologne, pays qui pèsera de tout son poids désormais dans le premier groupe parlementaire européen. Contrairement au groupe socialiste, le groupe PPE maintient son niveau d’influence, malgré la défection des conservateurs britanniques et de l’ODS tchèque.
  • Les populistes anti-européens, qui appartiennent à des groupes politiques marginaux au Parlement européen. Ils sont l’exact opposé, dans le discours et les valeurs, des sociaux-démocrates européens. Mais, justement pour cette raison, ils captent l’inquiétude de ceux qui ne comprennent plus quelle Europe nous prétendons construire. C’est le cas aux Pays-Bas, au Royaume-Uni (UKIP), en Finlande, en Grèce, en Italie, en Autriche, au Danemark, en Hongrie et en République tchèque, où ces forces connaissent des succès. Leurs rangs sont grossis par l’arrivée d’une trentaine d’élus ayant rompu avec le PPE.
  • Certains partis politiques pro-européens, dont le discours, dans certains cas plus libéral que le nôtre, bénéficie d’une plus grande lisibilité quand il est question de l’Union. Ce sont les Verts français incarnés par Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, les Verts allemands, les Verts britanniques, les Verts Belges, les Verts grecs, les Verts suédois, mais aussi les Libéraux allemands, le D66 social-libéral néerlandais, les Libéraux-démocrates britanniques. Pour cette raison, le groupe Vert est le seul groupe de gauche à avoir été renforcé, alors que le PSE et la GUE ont perdu des plumes. Mais l’avancée de l’un ne compense pas les reculs des autres.
  • Le fait que le groupe libéral ne semble pas mieux s’en sortir que le groupe socialiste est dû à un tour de passe-passe : le nouveau Parti Démocratique italien, formé d’une moitié d’élus socialistes et d’une moitié d’élus libéraux, a décidé de rester désormais uni au Parlement européen. En rejoignant le groupe PSE (et en le transformant au passage en groupe « socialiste et démocrate »), elle lui a offert un renfort d’une bonne dizaine de députés supplémentaires qui ont quitté les rangs libéraux. En réalité, à limites constantes, le groupe socialiste aurait vraisemblablement perdu une quarantaine de sièges (le Parlement passant de 785 à 735 sièges), contre moins d’une dizaine pour le groupe libéral.

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b. Juin 2009 à octobre 2010 : 13 élections nationales pour des résultats convergents ?

  • Un cas isolé : le triomphe du PASOK grec

En octobre 2009, les élections législatives anticipées grecques, dans un contexte de crise économique et budgétaire aigüe, ont lourdement sanctionné le gouvernement sortant de droite, accusé d’incompétence et de maquillage massif des comptes publics. Si l’excellent score du PASOK (43,9%) n’est pas le meilleur de son histoire, et si l’accroissement de ses suffrages est sensible sans être spectaculaire, le score des conservateurs est en revanche historiquement bas, dans un pays où le bipartisme est très clairement établi. De plus, le fait que le PASOK obtienne une majorité absolue de sièges, dans un système politique rendu plus complexe par la progression d’un parti d’extrême-droite (LA.O.S.) et par l’émergence relative d’un parti écologiste qui rate l’entrée au Parlement, mais « neutralise » 2,5% des voix, rend le résultat impressionnant. Cependant, cette élection exceptionnelle a lieu dans un contexte économique exceptionnel, et les mois suivant ont montré que Georges Papandréou aurait pour principal mandat, face aux attaques des marchés, d’appliquer un agenda contraint par les exigences d’une rigueur extrême et socialement douloureuse. La gauche a donc pour mission d’appliquer un remède de cheval pour sortir d’une situation léguée par une droite désormais confortablement installée dans l’opposition…

  • Des résultats très mitigés pour plusieurs partis de gouvernement (Luxembourg, Portugal, Slovaquie, Belgique)

Dans ces quatre pays, le résultat des élections ne peut s’interpréter ni comme une lourde défaite, ni comme une grande victoire des socialistes. Le Luxembourg, qui renouvelait sa Chambre des députés en même temps que le Parlement européen (juin 2009), a connu des mouvements de voix limités et a reconduit la coalition dirigée par les Chrétiens-Sociaux, dans laquelle les Socialistes du LSAP représentent le deuxième parti. En fait, si leur position n’a pas été vraiment menacée, les socialistes reculent légèrement, alors que le parti du Premier ministre Jean-Claude Juncker renforce son leadership, et que la gauche de la gauche est aussi en légère augmentation. Un relatif essoufflement ?

Le mois suivant, le PS portugais réalisait un résultat à la fois rassurant, après la défaite surprise subie aux élections législatives européennes de juin, et inquiétant dans la mesure où il gouvernera désormais en minorité, dépendant d’accords au cas par cas. Son score (36,6%, correspondant à une perte d’un cinquième de son électorat) est le plus bas depuis le début des années 1990, et, bien que son recul profite en grande partie à d’autres partis de gauche, ceux-ci sont à la fois divisés entre eux et en fort antagonisme avec les socialistes, qui ne peuvent donc que difficilement en faire des partenaires privilégiés pour des alliances stables. Par ailleurs, si le principal parti de droite stagne à un niveau très bas, la droite dure (CDS/PP) effectue une belle remontée et représente désormais plus du quart de la droite.

Le score réalisé par les Sociaux-démocrates slovaques de Robert Fico (SMER) est paradoxal. Avec 34,8% des voix, dans un contexte de plus forte participation, ils signent un résultat historique et leur progression est importante. Dans le même temps, ils enregistrent un échec puisque leur coalition gouvernementale perd la majorité, et que la droite revient au pouvoir avec Mme Iveta Radičová. Le cas de SMER était problématique pour les socialistes européens, car le gouvernement Fico reposait en fait sur une alliance avec un parti ultranationaliste et xénophobe (SNS) et un mouvement populiste (HZDS) qui avait dominé la politique slovaque jusqu’à la fin des années 1990 avec la figure de Vladimír Mečiar. SMER avait été exclu du PSE avant d’être réintégré. Dans ce contexte, la fin d’un gouvernement critiqué et contesté en Europe marque peut-être la fin de la recomposition du système politique, avec l’effondrement du HZDS désormais privé de représentation parlementaire, la stabilisation des Sociaux-démocrates devant revoir leur politique et leurs alliances, et le maintien de plusieurs partis de droite capables de s’entendre pour former une alternative.

Le vote des Belges, 24 heures après celui des Slovaques, s'est fait dans une situation bien différente mais tout aussi confuse. Les élections législatives, provoquées par certains partis flamands devant l’impossibilité de trouver un subtil compromis institutionnel avec les représentants de la communauté française, aboutissent à une polarisation électorale inédite entre cette dernière et les néerlandophones, alors même que peu de citoyens seraient capables d’expliquer précisément le déclenchement de la crise. Du côté francophone, le PS, qui avait subi une défaite importante lors des élections précédentes, a semblé, en tant que premier parti traditionnel, bénéficier d’un vote-refuge massif pour affronter la situation. Il retrouve un niveau élevé, sans être historique. En revanche, du côté flamand, le SP.A poursuit une glissade progressive (moins de 15% des voix néerlandophones), le total de la gauche s’établissant aux alentours de 20% seulement. Deux conclusions s’imposent. D’une part, les deux communautés, qui ont toujours voté différemment, connaissaient néanmoins des évolutions parallèles des grandes familles politiques (chrétiens, socialistes, libéraux) jusqu’au milieu des années 2000. Ce temps est révolu. D’autre part, les socialistes dans leur ensemble redeviennent la première famille politique du pays, mais par défaut, grâce à l’effondrement des libéraux et chrétiens flamands devant un parti indépendantiste qu’ils ont largement contribué à installer et à légitimer. Au total, les socialistes francophones émergent avec un mandat lourd, celui de porte-parole d’une communauté ; les socialistes flamands risquent de devenir une force politique d’importance secondaire. Quant à la constitution d’un gouvernement… C’est une autre paire de manche !

  • Des défaites nettes pour les travaillistes britanniques et hollandais.

Les élections de mai 2010 à la Chambre des Communes se sont soldées par un retour sans surprise des conservateurs au pouvoir. Après une campagne où les Libéraux-démocrates ont brillé, la nécessité d’un gouvernement de coalition a fait figure de nouveauté historique. Ce qui est beaucoup plus classique en revanche, c’est la nature de la défaite subie par les travaillistes. Ils reculent certes à un niveau peu flatteur, mais, avec une participation en hausse, ne perdent qu’un électeur sur dix. Surtout, contrairement à ce que laissaient craindre les sondages, ils restent clairement le deuxième parti, l’écart en voix avec les Libéraux-démocrates étant nettement plus important que lors de la déroute électorale historique de 1983. Une interprétation possible est que s’il y a eu un vote utile de la part d’anti-conservateurs hésitants, celui-ci a finalement profité in extremis au Labour. C’est significatif. Reste à savoir ce qui se passerait si le système électoral venait à changer…

Un mois plus tard, les travaillistes néerlandais, qui avaient provoqué la rupture de la coalition gouvernementale dans laquelle ils étaient les partenaires du premier ministre chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende, ne récoltaient pas les fruits de leur stratégie. Si son recul reste en apparence limité par la prestation de Job Cohen, ancien maire d’Amsterdam, le PvdA, du fait d’une participation en baisse, perd en fait lui aussi un dixième de son électorat. Contrairement à ce qu’il espérait en début de campagne électorale, la déroute des Chrétiens-démocrate a finalement permis aux Libéraux du VVD de devenir, de justesse, le premier parti. Enfin, dans un contexte politique de fractionnement et d’instabilité, caractérisé par l’apparition de plusieurs formations d’extrême-droite populiste depuis le début des années 2000, la formation d’un gouvernement a été excessivement difficile. Une alliance « laïque » associant les libéraux et la gauche a vite été abandonnée malgré l’expérience des gouvernements de Wim Kok (1994-2002), laissant la porte ouverte à un gouvernement associant toutes les droites, et notamment le parti populiste et islamophobe PVV qui a réalisé un score inédit sous la houlette de Geert Wilders.

  • Une succession d’impressionnants désastres électoraux : Bulgarie, Allemagne, Hongrie, République Tchèque, Suède, Lettonie

Votant moins d’un mois après les élections européennes, la Bulgarie ouvre le bal des effondrements électoraux. L’alliance emmenée par le BSP, seul parti installé de manière stable depuis la transition démocratique, perd plus d’un tiers de ses électeurs alors même que la participation était en hausse. Le parti GERB du maire de Sofia, Boyko Borisov, membre du PPE, frôle la majorité absolue des sièges et prend le contrôle du gouvernement. Le BSP reste le deuxième parti, mais de justesse, devant le MRF qui représente principalement la minorité turque. Le BSP a perdu plus de la moitié de ses sièges.

Fin septembre 2009, le SPD allemand n’échappe pas à l’humiliation annoncée par son résultat désastreux des européennes de juin. Contrairement à ce qui s’était passé en 2005, la campagne électorale ne lui a pas profité et a abouti à son pire résultat depuis la fondation de la République fédérale. À 23% des voix, et alors que la participation a nettement baissé, c’est près de quatre électeurs sur dix que le parti a perdu. Les chiffres sont impressionnants : en nombre de voix, le SPD passe de 16,2 à moins de 10 millions (vote proportionnel). Cette fois, la montée de la gauche (Die Linke), réelle mais pas spectaculaire, ne compense pas, pas plus que la progression des Verts, et la droite est majoritaire au Bundestag pour la première fois depuis les élections de 1994. Angela Merkel peut former un gouvernement « noir-jaune » (chrétien/libéraux), selon ses vœux, même si son parti a enregistré un score décevant. Les difficultés de la coalition depuis lors se sont traduites par une bonne reprise de la gauche dans les élections régionales et locales, mais cela joue surtout au profit des Verts.

Le MSZP hongrois, installé au pouvoir depuis 2002 et balayé aux élections européennes, avait quelques mois de plus que le SPD pour se préparer aux élections législatives de 2010. Contesté dans la rue par les nationalistes et les populistes depuis quatre ans, lâché par ses alliés libéraux en pleine déconfiture (et finalement exclus du nouveau Parlement), le parti socialiste perd finalement plus de la moitié de ses électeurs, et plus des deux tiers de son groupe parlementaire. C’est sans doute la défaite la plus spectaculaire d’un gouvernement de centre-gauche en Europe centrale depuis la chute du SLD polonais en 2005. Le parti FIDESZ du nouveau premier ministre Viktor Orbán est le premier à disposer d’une majorité absolue des sièges depuis la fin de la transition démocratique. En outre, si le MSZP reste de justesse le deuxième parti, ce qui constitue tout de même une différence notable avec le cas polonais, il se retrouve talonné par un parti d’extrême-droite, Jobbik, qui fait une entrée tonitruante au Parlement. Un autre nouveau venu moins inquiétant, LMP (verts libéraux), mord aussi sur l’ancien électorat de la gauche.

Un peu moins spectaculaire, la défaite subie par le CSSD tchèque le mois suivant est néanmoins très cruelle, alors que le parti espérait revenir au pouvoir après quatre ans d’instabilité gouvernementale où la droite semblait avoir fait la preuve de ses faiblesses. Or, si le CSSD redevient le premier parti à la faveur de l’effondrement de l’ODS, le parti conservateur du président Klaus, qui avait gagné les élections de 2006, il perd en réalité un bon tiers de ses électeurs. De plus, le recul des grands partis profitent à de nouvelles formations de droite (TOP09 et VV-Public Affairs) qui choisissent l’alliance avec l’ODS. Le petit parti chrétien-démocrate (qui avait, dans le passé, fait alliance avec le CSSD comme avec l’ODS) perd sa représentation parlementaire ainsi que les Verts. C’est donc un désaveu sans ambiguïté, où la lassitude par rapport aux dirigeants politiques en poste a largement joué.

Le 19 septembre 2010, le puissant SAP suédois a à son tour essuyé une défaite historique. En 2006, les médias européens avaient exagérément commenté la défaite subie par son gouvernement. Certes, le modèle par excellence de la social-démocratie avait perdu les rênes du pouvoir, mais cela s’était déjà produit en 1976 puis en 1991. Certes, son score de 35% était le plus bas depuis de nombreuses décennies, mais il restait proche de ses basses eaux de la décennie précédente, et son statut de premier parti du pays n'était pas discuté (plus de 8 points d’avance sur le parti suivant). C’est bien, en revanche, la défaite de 2010 qui est historique. D’abord, car il est nouveau que le SAP soit exclu du pouvoir pendant deux mandats. Ensuite, car il recule encore, perdant encore 6% de son électorat dans une érosion désormais continue qui le ramène à son niveau des années 1910. Enfin, et peut-être surtout, il s’affaiblit au sein du bloc de gauche, alors que le premier parti de droite (M – Modérés) se renforce dans son camp. Résultat : les suédois, en les mettant presque à égalité, ont signifié au SAP la fin de son rôle historique de parti dominant. Humiliation supplémentaire : l’entrée dans le jeu politique d’un nouveau parti d’extrême droite a enlevé des voix, non à la droite, mais à la gauche.

Pour finir, les élections législatives lettones du 2 octobre 2010 ont abouti à un résultat sans surprise, sans appel pour le seul parti letton directement membre du PSE, mais paradoxalement annonciateur d’une certaine stabilisation du paysage politique national. Le LSDSP (Parti social-démocrate travailliste letton) a obtenu 0,6% des voix, en perdant plus de 80% de ses suffrages de 2006. Pour la troisième législature consécutive, il est exclu du Parlement. Il avait dépassé pour la dernière fois le seuil des 5% en 1998, or ce seuil est la condition fixée par la loi électorale pour participer à la représentation proportionnelle. Quoi que le secrétaire général du PSE se soit déplacé pour le soutenir, il semble donc que ce parti soit en voie de disparition. En revanche, sans être membre du PSE, une deuxième force politique, le Centre de l’harmonie, qui se revendique comme sociale-démocrate, a poursuivi son affirmation en 2010, atteignant 25,7% et 29 sièges sur 100. Malgré une croissance importante qui en fait la deuxième force du pays, elle restera dans l’opposition, la coalition de droite sortante restant majoritaire. Sa croissance peut par ailleurs être bridée par le fait qu’elle reste très liée à la représentation de la minorité russe (environ 30% de la population), malgré des signes en direction d’une plus grande intégration au système politique letton. Le Groupe socialiste et démocrate au Parlement européen a cependant fait le choix, en 2009, d’accueillir un de ses élus (un deuxième élu choisissant la Gauche unie européenne). L’avenir de la gauche européenne en Lettonie est donc à la croisée des chemins.


c. Un Conseil toujours plus à droite

Au sein du Conseil de l’Union, l’évolution du rapport de force est donc sans surprise et douloureuse. Le PPE détenait déjà une majorité absolue, compte tenu de la pondération des voix, en termes de chefs de gouvernement. Si son évolution n’est pas particulièrement remarquable, du fait de la défaite de ses membres néerlandais et surtout du départ des conservateurs britanniques et tchèques, son influence aurait dépassé la barre des deux tiers si sa composition n’avait pas évolué. Conséquence de ces départs du PPE, plus de 10% des voix au Conseil sont désormais détenues par des gouvernements dirigés par des partis situés à la droite du PPE. C’est là quelque chose de totalement inédit.

De leur côté, les libéraux ne sont pas en recul. Les résultats électoraux néerlandais et l’arrivée dans leur famille du parti gouvernemental irlandais ont plutôt eu tendance à augmenter leur représentation.

Conséquence logique, le PSE est en chute libre, alors que la gauche GUE maintient ses 4 voix grâce au gouvernement chypriote. Les chefs de gouvernement socialistes représentaient encore un tiers des voix avant juin 2009. Désormais, ils pèsent moins de 20%, un niveau historiquement bas.

De plus, le graphique ci-dessous ne permet pas d’observer une seconde évolution. En effet, pour tenir compte des gouvernements de coalition, il peut être intéressant de calculer le poids au Conseil de l’ensemble des gouvernements dans lesquels une famille politique est représentée. Or, l’arrivée des libéraux dans plusieurs gouvernements (et bien sûr en premier lieu en Allemagne et au Royaume-Uni), conjuguée aux défaites socialistes, a abouti à une situation inédite. Les partis libéraux sont désormais représentés, comme parti principal ou comme simple partenaire, dans un plus grand nombre de gouvernements nationaux (correspondant à 140 voix sur 345 au Conseil) que les socialistes (99 voix sur 345). Evalué à l’aune de ce critère, le poids actuel du PSE en ferait désormais seulement, et nettement, le troisième parti européen. C’est assez dire la perte d’influence de la gauche en Europe.

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III. Mieux définir les enjeux : être lisibles à l’avenir !

Deux générations après le traité de Rome, 500 millions de citoyens et 27 Etats coexistent au sein de l’Union européenne. Les traités tiennent lieu de Constitution à ce régime politique, qui est également façonné par les pratiques des citoyens, des institutions et des élus.

Notre régime politique est aujourd’hui bancal. Les administrations nationales et les acteurs du jeu politique, des partis aux médias, persistent à se reproduire, de décennie en décennie, selon les seules règles de l’arène nationale.

Des domaines entiers de la législation sont proposés par la Commission, puis négociés et votés par un Parlement élu et par les représentants des Etats. Mais les citoyens, dans leur immense majorité, ne connaissent pas les noms de ceux qui les gouvernent.

Qu’est-ce qu’un régime politique qui ne s’incarne pas aux yeux de ses citoyens ? Comment permettre à 500 millions d’européens de se l’approprier enfin, sinon en le sortant de son anonymat ?

Les socialistes européens sont l'une des familles politiques qui ont patiemment modelé l’Union. Ils l’ont confirmé en soutenant le traité de Lisbonne. Il leur revient de donner un visage à la démocratie européenne, pour assurer la survie et la pérennité de l’Union.

Pour ne pas avoir effectué ce travail, ils ont été balayés au profit des conservatismes et des nationalismes. Ils doivent être cohérents et assumer la mission historique qu’ils se sont choisie. En y parvenant, ils mettront à leur tour les nationalismes conservateurs en difficulté.

Par Joel Le Deroff - Publié dans : Conseil de l'Union européenne
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 19:20

Régions spéciales

 

Friuli Venezia Giulia (Aprile 2008):

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Renzo Tondo (PDL) 53,8%

Riccardo Illy (PD+) 46,2% 

 

Sardegna (15-16 Febbraio 2009):

pdl.jpg

Ugo Cappellacci (PDL) 51,88%

Renato Soru (PD+) 42,94%

Gavino Sale (Indipendentzia Repubrica de Sardigna) 3,06%

Peppino Balia (PS) 2,36%

Gianfranco Sollai (Unidade Indipendentista) 0,55% 

 

Sicilia (Aprile 2008):

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Raffaele Lombardo (PDL) 65,3%

Anna Finocchiaro (PD) 30,4%

Sonia Alfano (Grillo) 2,4%

Ruggero Razza (Destra) 1,6%

Giuseppe Bonanno Conti (FN) 0,2% 

 

Trentino Alto Adige (Novembre 2008):

UpT.jpg

Totale seggi consigli provinciali Trento + Bolzano

Presidente Marco Depaoli

 

70 sièges:

 

SVP 18, PD 10, PDL 8, Lega 7, Unione per il Trentino 7, Freiheitlichen 5, Verdi 3, Partito Autonomista Trentino-Tirolese 3, Süd-Tiroler Freiheit 2, IDV 1, Amminitrare il Trentino 1, Union für Südtirol 1, Unitalia 1, Union Autonomista Ladina 1, Div. 2. 

 

Valle d'Aoste (25 Maggio 2008):

uv.jpg

Presidente Augusto Rollandin 

Coalizione Autonomista (UV/SA/FA) 61,95%

Coalizione Autonomista-Progressista (VdAV-RV/PD/ARC) 27,40%

PDL10,65%

 

 

Autres régions

 

Abruzzo (Aprile 2008):

pdl.jpg

Giovanni Chiodi (PDL) 48,81% 

Carlo Costantini (PD) 42,67%

Rodolfo De Laurentis (UDC) 5,38%

Teodoro Bontempo (La Destra) 1,90%

Ilaria Del Biondo (Comunisti Lavoratori) 0,76%

Angelo Di Prospero (Bene comune) 0,46% 

 

Basilicata (28-29 Marzo 2010):

pd.jpg

Vito De Filippo (PD) 60,81%

Nicola Giovanni Pagliuca (PDL) 27,92%

Magdi Cristiano Allam (Io amo la lucania) 8,72%

Marco Toscano (contro indifferenza) 1,47%

Florenzo Doino (Comunista Lavoratori) 1,05% 

 

Calabria (28-29 Marzo 2010):

pdl.jpg

Giuseppe Scopelliti (PDL)57,80%

Agazio Loiero (PD) 32,20%

Filippo Callipo (IDV-Rad) 10,00% 

 

Campania (28-29 Marzo 2010):

pdl.jpg

Stefano Caldoro (PDL) 54,25% 

Vincenzo De Luca (PD) 43,04%

Paola Ferrero (Sinistra) 1,35%

Roberto Fico (R Stelle) 1,34% 

 

Emilia Romagna (28-29 Marzo 2010):

pd.jpg

Vasco Errani (PD) 52,06%

Anna Maria Bernini (PDL) 36,72%

Giovanni Favia (5 Stelle) 7,00%

Gian Luca Galletti (UDC) 3,75%

 

Lazio (28-29 Marzo 2010):

pdl.jpg

Renata Polverini (PDL) 51,14%

Emma Bonino (Radicali) 48,32%

Marzia Marzoli (Rete Cittadini) 0,53% 

 

Liguria (28-29 Marzo 2010):

pd.jpg

Claudio Burlando (PD) 52,14%

Sandro Mario Biasotti (PDL) 47,86%

 

Lombardia (28-29 Marzo 2010):

pdl.jpg

Roberto Formigoni (PDL) 56,90%

Filippo Luigi Penati (PD) 33,27%

Savino Pezzotta (UDC) 4,68%

Vito Claudio Crimi (5 Stelle) 2,33%

Vittorio Emmanuele Agnoletto (Sinistra) 2,04%

Gianmario Invernizzi (FN) 0,26%

 

Marche (28-29 Marzo 2010):

pd.jpg

Gian Mario Spacca (PD) 53,17% 

Erminio Marinelli (PDL) 39,71%

Massimo Rossi (Sinistra) 7,11%

 

Molise (Ottobre 2011):

pdl.jpg

 

Angelo Michele Iorio (centro-destra) 46,94%

Paola Di Laura Frattura (centro-sinistra) 46,15%

Antonio Federico (5 Stelle) 5,60%

Giovancarmine Mancini (la Destra) 1,29%

 

Novembre 2006:

 

pdl.jpg

Iorio Angelo Michele (Casa della Libertà) 54,02%

Ruta Roberto (Unione) 45,98% 

 

Piemonte (28-29 Marzo 2010):

LegaN.jpg

Roberto Cota (Lega) 47,32%

Mercedes Bresso (PD) 46,90%

Davide Bono (5 Stelle) 4,08%

Renzo Rabellino (Lega Padana) 1,67%

 

Puglia (28-29 Marzo 2010):

SEL.jpg

Nichi Vendola (Sinistra) 48,69%

Rocco Palese (PDL) 42,25%

Adriana Poli In Bertone (UDC) 8,71%

Michele Rizzi (Alt. Comunista) 0,35%

 

 

Toscana (28-29 Marzo 2010):

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Enrico Rossi (PD) 59,73%

Monica Faenzi (PDL) 34,44%

Francesco Bosi (UDC) 4,78%

Alfonso de Virgiliis (Radicali) 1,15%

Ilario Palmisani (FN) 0,69% 

 

Umbria (28-29 Marzo 2010):

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Catiuscia Marini (PD) 57,24%

Fiammetta Modena (PDL) 37,70%

Paola Binetti (UDC) 5,05% 

 

Veneto (28-29 Marzo 2010):

LegaN.jpg

Luca Zaia (Lega) 60,15%

Giuseppe Bertolussi (PD) 29,07%

Antonio De Poli (UDC) 6,38%

David Borrelli (5 Stelle) 3,15%

Silvano Polo (Veneti Independensa) 0,35%

Paolo Caratossidis (FN) 0,28%

Gianluca Panto (Partito Nasional Veneto) 0,27%

Par Joel Le Deroff - Publié dans : Italie
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