Equilibres politiques lors des législatives
GUADELOUPE
La Guadeloupe, qui vote à gauche depuis 1988 lors des élections présidentielles, présente un paysage politique fragmenté entre partis rivaux. Jusqu'en 2004, l'influence de Lucette Michaux-Chevry (RPR) a été forte, notamment lors des élections régionales et législatives (elle était députée et présidente du Conseil Régional). Sa défaite aux régionales face à Victorin Lurel (PS), député depuis 2002, est la fin d'une époque. En 2007, la gauche a confirmé sa situation majoritaire, favorisée par la division à droite entre Mme Michaux-Chevry et Mme Louis-Carabin.
législatives 2007 (premier tour) :
I 303474 ; V 103563 ; E 95625
Gauches 48743 = 50,97% (dont PS 23,74%, PPDG 10,24%, Verts 4,31%, PCG 0,74%) ; Droites 38864 = 40,64% (dont candidats soutenus par l'UMP 28,01%) ; Extrême droite 5062 = 5,29% ; UDF/Modem 1530 = 1,60% ; Extrême gauche 1110 = 1,16% ; Divers 226 = 0,24% ; Ecologistes divers 90 = 0,09%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 281589 ; V 95202 ; E 89488
Droites 43447 = 48,65% (dont candidats soutenus par l'UMP 36,97%, UDF hors soutien UMP 1,35%) ; Gauches 35180 = 39,31% (dont PPDG 11,22%, candidats soutenus par le PS 9,55%, PCG 3,17%, Verts hors soutien PS 1,51%) ; Divers 5717 = 6,39% ; Ecologistes divers 2757 = 3,08% ; Indépendantistes 1648 = 1,84% ; Extrême droite 529 = 0,59% ; Extrême gauche 210 = 0,23%.
GUYANE
La Guyane, faiblement peuplée et dans un contexte de forte abstention, voit les résultats électoraux beaucoup varier selon la personnalité des candidats et la nature de l'élection. La région est toujours gérée par le PSG (distinct du PS), alors que les législatives ont pour protagonistes principaux Christiane Taubira dans la première circonscription et Léon Bertrand dans la seconde. En 2007, malgré la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle dans le plus étendu des départements français, les élections législatives ont cependant été marquées par la défaite surprise de M. Bertrand face à la candidate du PSG.
législatives 2007 (premier tour) :
I 62808 ; V 23992 ; E 22939
Gauches 10434 = 45,49% (dont PSG 20,85%, Walwari 13,58%, Verts 6,02%) ; Droites 8083 = 35,24% (dont UMP 35,24%) ; Indépendantistes 2710 = 11,81% ; UDF/Modem 1054 = 4,59% ; Divers 363 = 1,58% ; Extrême droite 295 = 1,29%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 51802 ; V 17576 ; E 16947
Gauches 7589 = 44,78% (dont Walwari 29,77%, PSG 13,43%) ; Droites 6800 = 40,12% (dont candidats soutenus par l'UMP 38,31%, UDF hors soutien UMP 1,46%) ; MDES 1199 = 7,07% ; Divers 856 = 5,05% ; Extrême droite 503 = 2,97%.
MARTINIQUE
La Martinique vote sans interruption à gauche, mais, comme dans les autres départements américains, la gauche n'est pas celle de la métropole. En témoigne le faible score du PS. Il n'existe plus aujourd'hui de leadership clair, puisque le PPM ne s'impose pas non plus. Les fiefs locaux et les personnalités jouent beaucoup. Les indépendantistes ont su profiter de cet espace, et le député élu en 1997, Alfred Marie-Jeanne, a pris la région à la majorité relative en 1998, pour la conserver haut la main en 2004. En 2007, les gauches ont confirmé leur situation majoritaire. Le MIM de M. Marie-Jeanne a continué sa progression depuis 2002, mais son score est pourtant inférieur à ce qu'il espérait peut-être après le triomphe des régionales de 2004. En revanche, le parti d'Aimé Césaire, le PPM, a connu un certain retour en grâce, revenant en tête de la gauche.
législatives 2007 (premier tour) :
I 288265 ; V 103883 ; E 97933
Gauches 45452 = 46,41% (dont PPM 16,70%, FSM-PS 13,33%) ; Droites 28350 = 28,95% (dont candidats soutenus par l'UMP 26,55%) ; MIM 21864 = 22,33% ; Divers 1295 = 1,32% ; Exrême gauche 972 = 0,99%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 266670 ; V 87799 : E 83602
Gauches 41311 = 49,41% (dont candidats soutenus par le PS 14,62%, PPM 9,89%, Verts hors soutien PS 0,84%) ; Droites 29312 = 35,06% (dont candidats soutenus par l'UMP 33,28%) ; Indépendantistes 11829 = 14,15% (dont MIM 12,79%) ; Extrême droite 540 = 0,65% ; Extrême gauche 440 = 0,53% ; Divers 170 = 0,20%.
MAYOTTE
La domination de Mayotte par le droite locale ne se démentait pas jusqu'en 2007, mais la gauche trouve depuis quelques années un espace et ses scores ne sont plus confidentiels. Le résultat de cette situation a abouti en 2007 à la victoire en 2007 d'un nouveau député issu du MDM, allié au Modem au niveau national.
législatives 2007 (premier tour) :
I 64775 : V 31797 ; E 30330
Divers 9545 = 31,47% ; Droites 9178 = 30,26% (dont UMP 27,92%) ; MDM/Modem 6489 = 21,39% ; Gauches 4918 = 16,21% (dont PS 7,19%, Verts 0,68%) ; FN 200 =0,66%
législatives 2002 (premier tour) :
I 52300 ; V 29607 ; E 29111
Droites 21799 = 74,88% (candidat soutenu par l'UMP 33,22%, candidat UDF 28,78%) ; Gauches 6720 = 23,08% (candidat soutenu par le PS 11,19%, candidat Verts 1,27%) ; Extrême droite 298 = 1,02% ; Divers 167 = 0,57% ; Ecologistes divers 127 = 0,44%.
NOUVELLE-CALEDONIE
La Nouvelle-Calédonie reste dominée par la droite fidèle à la France, mais le score des mouvements indépendantistes est minoré par les stratégies de boycott électoral de certains d'entre-eux. 2002 est par ailleurs la dernière démonstration de force "réussie" du RPCR puis de ses héritiers, avec la réélection des deux députés. Le territoire est depuis passé sous la direction d'une Alliance qui affiche sa proximité avec l'UDF et s'est construite sur le rejet de Jacques Lafleur. Enfin, la Nouvelle-Calédonie est, dans l'outre-mer français, le territoire qui donne le plus de voix, et le plus régulièrement, au FN. En 2007, les résultats électoraux ont témoigné d'une grande stabilité par rapport au scrutin précédent.
législatives 2007 (premier tour) :
I 138635 ; V 74864 ; E 72814
Droites 43582 = 59,85% (dont candidats soutenus par l'UMP 33,31%) ; FLNKS 15787 = 21,68% ; UDF/Modem 5316 = 7,30% ; Gauches 4145 = 5,69% ; Extrême droite 3984 = 5,47%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 127704 ; V 53117 ; E 51525
Droites 31034 = 60,23% (dont RPCR 48,66%, UDF 7,28%) ; Indépendantistes 11017 = 21,38% (dont Palika 19,11%) ; Extrême droite 5683 = 11,03% ; Gauches 2082 = 4,04% (dont Verts 1,80%) ; Divers 1709 = 3,32%.
POLYNESIE FRANCAISE
Le jeu politique polynésien connaît schématiquement trois acteurs homogènes principaux : le Tahoeraa de Gaston Flosse et Gaston Tong Sang, "autonomiste" et partisan du maintien dans la République française, soutenu par l'UMP ; Fétia Api, soutenu nationalement par l'UDF, critique envers le premier ; et les indépendantistes du Tavini, d'Oscar Temaru, qui ont créé des liens avec le PS depuis 2003. Le Tahoeraa et le Tavini sont les deux plus importantes forces électorales, mais le Tavini avait refusé d'avoir des candidats aux législatives de 2002 (alors même que Temaru avait fait un bon score en 1997). Après plusieurs alternances à la tête de la Polynésie et une victoire à l'arrachée de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, alors que Ségolène Royal a bénéficié des voix indépendantistes pour donner à la gauche un 49% inédit, les législatives de 2007 ont vu la défaite des partisans de M. Temaru. Leur score important constraste cependant avec le boycott des élections de 2002 par ce camp.
législatives 2007 (premier tour) :
I 167729 ; V 92116 ; E 91295
Droites 37617 = 41,20% (Tahoeraa 39,59%) ; Tavini-UPLD 32608 = 35,72% ; Autonomistes divers 15172 = 16,62% ; UDF/Modem 4378 = 4,80% ; Divers 1520 = 1,66%
législatives 2002 (premier tour) :
I 149894 ; V 82523 ; E 81395
Tahoeraa 48325 = 59,37% ; Fetia Api 16516 = 20,29% ; Gauches 6994 = 8,59% ; Indépendantistes 6568 = 8,07% ; Ecologistes divers 2058 = 2,53% ; Extrême droite 663 = 0,81% ; Divers 271 = 0,33%.
REUNION
La Réunion vote depuis 1988 à gauche lors des élections présidentielles, de façon d'autant plus nette que le PCR a apporté son soutien au premier tour aux candidatures de Lionel Jospin. Aux législatives et aux élections locales, tout dépend des personnalités. Ainsi 1997 a été un succès de la gauche (4 des 5 députés), et le PCR contrôle la région malgré une liste séparée du PS. Mais le département est à droite, et les législatives de 2002 ont été gagnées par la droite également (3 députés). En 2007, bien que le Conseil général soit resté à droite, la gauche a repris une majorité de voix et de sièges (3 sur 5). Surtout, au sein de la gauche, le PS fait jeu égal avec le PCR en voix, et s'attribue 2 députés sur les 3 de son camp. La stratégie de Jean-Claude Fruteau, tête de liste régionale en 2004, député européen en juin de la même année, puis député en 2007, semble porter ses fruits.
législatives 2007 (premier tour) :
I 512823 ; V 260306 ; E 247993
Gauche parlementaire 129023 = 52,03% (dont PCR 23,85%, PS 23,03%, Verts 1,97%) ; Droite parlementaire 99752 = 40,22% (dont candidats soutenus par l'UMP 35,44%) ; UDF/Modem 12176 = 4,91% ; Divers 4024 = 1,62% ; Extrême gauche 2170 = 0,88% ; Ecologistes divers 595 = 0,24% ; Extrême droite 253 = 0,10%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 437436 ; V 232447 ; E 221821
Droites 115172 = 51,92% (dont candidats soutenus par l'UMP 43,62%) ; Gauches 94326 = 42,52% (dont PCR 21,94%, candidats soutenus par le PS 13,75%, Verts 1,90%) ; Divers 4916 = 2,22% ; Extrême droite 4286 = 1,93% ; Extrême gauche 2236 = 1,01% ; Ecologistes divers 885 = 0,40%.
SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
Saint-Pierre-et-Miquelon a d'abord la particularité d'avoir le député élu par le plus petit nombre d'élécteurs sur le territoire français. Il faudrait élire 10000 députés pour que les autres français soient représentés par le même ratio députés/électeurs !! 2007 a vu un évènement inédit avec le passage à gauche du siège de député au profit de la radicale de gauche Annick Girardin.
législatives 2007 (premier tour) :
I 4924 ; V 3233 ; E 3110
Gauches 1806 = 58,07% (dont PS 14,89%) ; Droites 1304 = 41,93% (dont UMP 35,31%).
législatives 2002 (premier tour) :
I 4824 ; V 3214 ; E 3152
Droites 1735 = 55,04% (UMP 44,04%) ; Gauche 1475 = 44,51% (PS 19,29%) ; Extrême droite 14 = 0,44%.
WALLIS-ET-FUTUNA
Bien que majoritaire au premier tour, la gauche ne parvient pas, en 2002, à reprendre le siège perdu par Kamilo Gata en 1997. Le scénario de 2007 est exactement inverse, puisqu'avec un score décevant au premier tour, et grâce à un report de voix du centre, le socialiste Albert Likuvalu bat le sortant UMP Victor Brial.
législatives 2007 (premier tour) :
I 11160 ; V 7849 ; E 7784
Droites 4387 = 56,36% (dont UMP 33,72%) ; Gauches 2424 = 31,14% (dont PS 31,14%) ; UDF/Modem 973 = 12,50%.
législatives 2002 (premier tour) :
I 9376 ; 7149 ; E 7109
Gauches 3894 = 54,78% ; Droites 2880 = 40,51% ; Extrême droite 335 = 4,71%.