Extrême droite et rapport gauche-droite - La gauche est vivante et son coeur bat à l'ouest
Les deux cartes suivantes représentent :
- Pour la première, la répartition des voix de l’extrême-droite lors de l’apogée électorale du 21 avril 2002 (voix de Jean-Marie Le Pen et de Bruno Mégret)
- Pour la seconde, l’évolution du rapport gauche-droite dans le pays entre deux seconds tours comparables, celui du 5 mai 1995 et celui du 6 mai 2007. Cette carte ne montre pas les zones de force respectives de la gauche et de la droite, mais la progression de chacun de ces camps en 12 ans, ce qui est une chose différente.
La première conclusion qui s’impose est que les progrès de la droite emmenée par Nicolas Sarkozy en 2007 se font dans les zones où le FN a atteint des scores les plus importants, ce qu’avait déjà laissé supposer le premier tour du 22 avril 2007, le score de N.Sarkozy étant d’autant plus haut que celui du FN s’effondrait dans ses fiefs électoraux traditionnels.
En revanche, il semble que, dans les zones où le FN était historiquement faible, la gauche a effectué le 6 mai 2007 une progression qui lui a permis de maintenir l’équilibre global du 5 mai 1995, malgré un score de premier tour plus faible. Inversement, son recul est très net dans les zones de force les plus récentes du FN, et en particulier dans les anciens fiefs socialistes et communistes du nord. La chute est légèrement moins lourde dans le sud-est, où la gauche avait déjà perdu énormément de voix dès les années 1980. Elle reste néanmoins conséquente.
La gauche culmine donc sur la façade atlantique, et gagne des points dans le centre de la France, qui a toujours été rétif au FN.
La relation entre progrès de gauche et faiblesse du FN, ou progrès de Sarkozy et force du FN, se vérifie à l’intérieur des régions : ainsi, dans le sud-ouest, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne se distinguent des départements voisins par une extrême-droite plus forte que dans le reste de la région ET une baisse de la gauche rare qui est stable ou progresse dans la zone. En Bretagne, les départements connaissent tous un faible FN et une poussée de la gauche, mais celle-ci est plus forte dans le Finistère et l’Ille-et-Vilaine, où le FN était encore plus faible. En PACA, les Hautes-Alpes étaient le seul département où le FN n’atteignait pas sa moyenne, et la gauche y progresse légèrement. L’Ile-de-France est un autre bon exemple de la relation, notamment dans les départements de droite comme les Hauts-de-Seine, où Ségolène Royal progresse nettement alors que le FN était faible. Etc, etc.
Rares exceptions : la Loire et la Haute-Loire, où le FN était fort, et où Ségolène Royal progresse légèrement. "Paradoxe" qui se vérifie également, mais dans une moindre mesure, dans le Rhône. La Seine-Saint-Denis, où la gauche progresse nettement alors que le FN avait obtenu de bons scores (mais qui diminuait cependant déjà en 2002, contrairement à ce qui se passait ailleurs dans le pays).

